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Dans le Nord, seule la maternité Saint-Jean de Roubaix avait obtenu le label Ami des bébés. Depuis, elle a fusionné avec Tourcoing et l'hôpital de Roubaix a obtenu le label. Pour Dron, ce sera peut-être pour la fin d'année...

L'arrivée à Tourcoing de personnels de la clinique Saint-Jean n'est pas étrangère à la démarche. Parmi eux, Marc Pilliot, pédiatre et président de la coordination française pour l'allaitement maternel, la COFAM. Il fait partie du comité national de labélisation ! Avec lui, Marie-Hélène Bartau et Michèle Ollivier, deux cadres sage femmes. Le but n'est pas de labeliser la maternité mais bien l'ensemble du pôle mère-enfant. Cela comprend la maternité, la néo-natalité, mais aussi la pédiatrie, d'autres services et le CAMPS.

Ce n'est pas en claquant des doigts, en mettant un coup de peinture par ci, et des affiches pour l'allaitement maternel qu'on est Ami des bébés. Il a fallu d'abord former l'ensemble du personnel et cela a débuté en avril 2008. Cela a aussi concerné les sages femmes libérales dans le cadre du réseau mis en place dans le secteur.

Les procédés dépassent la simple promotion de l'allaitement maternel mais cela est quand même parti de ça, au départ. Le lobbying des fabriquants de lait en poudre se réfugiant derrière des arguments de liberté pour la femme ou encore de santé publique. « C'est à la fin des années soixante-dix que l'Organisation mondiale de la santé a défini le cadre de la commercialisation des substituts de lait maternel. » Et s'il est vrai que certaines organisations en leur temps ne se sont pas privées de culpabiliser les mamans qui ne pratiquaient pas l'allaitement maternel, on a bien changé les méthodes.

Pour le docteur Pilliot, le label ne veut pas dire que les autres ne le sont pas. « L'idéal est que toutes arrivent à ça. En Suède, toutes le sont et en Norvège la plupart l'est. » En France pour la naissance, on a toujours été dans l'obstétrique, dans le médicalisé à la différence des autres pays d'Europe. « On a toujours été très hiérarchisé et on n'avait pas l'habitude de travailler en pôles. » Le docteur Pilliot évoque l'époque où les accouchements se faisaient à domicile. « On réservait l'hôpital aux indigentes et aux prostituées. Avant les travaux de Pasteur, on a failli fermer toutes les maternités en raison du fort taux de mortalité. » La médecine évoluant au sortir de la guerre, les hôpitaux ont accueilli une autre population, les maternités se sont développées et les pratiques ont évolué.

Pédiatre, Philippe Pilliot estime qu'en France il y a beaucoup trop de gestes médicalisés pour la naissance. « L'accouchement est d'abord pathologique, considéré comme à risques, les obstétriciens interviennent beaucoup (trop ?) Pour certains, la femme est une bombe ambulante qui nécessite une multiplicité d'examens. » En faisant ça, on crée du stress. Et les pressions sont encore fortes. « Il y a deux ans, un groupe de travail (dont il faisait partie) a été réuni au ministère de la Santé pour élaborer un texte qui réaffirmait que la grossesse était un phénomène physiologique et non pathologique. Le texte n'a toujours pas été publié... » Pour lui, « dans 90 % des cas, la naissance se passe bien et nous, les praticiens, devons seulement être là. Il faut rester dans les coulisses. On accompagne et s'il se passe quelque chose on sort tout le matériel des coulisses. » Avantages de ces méthodes, on constate que de nombreuses pathologies disparaissent. Les bébés font beaucoup moins d'hypothermie, pleurent moins, moins de jaunisses, moins d'hypoglycémies. De fait, il y a moins de soins médicalisés nécessaires.

Le docteur Pilliot fait partie du comité d'attribution du label, mais ne participera pas au vote quand il s'agira de la question de Tourcoing.

Source : La Voix du Nord

Shadow - Le: 06/04/10 - Poster commentaire

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