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Un bébé sur cinq naît de cette manière : deux fois plus qu'il y a vingt ans. Pas toujours pour des raisons strictement médicales.

L'Organisation mondiale de la santé a fixé à 15 % le taux « normal » de césariennes en France. Or, en 2007, une femme sur cinq a accouché par césarienne. Un taux deux fois supérieur à ce qu'il était dans les années 1980, malgré les risques pour les mères et les bébés.

Les grossesses tardives sont l'une des raisons souvent invoquées pour expliquer cette évolution. Il en existerait d'autres moins avouables. Selon une étude de la Fédération hospitalière de France (FHF), les césariennes seraient de plus en plus utilisées comme « facteur d'organisation des naissances » et pour « optimiser les coûts de production ».

Dans l'Ouest aussi

La FHF a observé les pratiques des 559 maternités qui prennent en charge les grossesses les moins risquées et pratiquent au moins 200 accouchements par an. Les taux de césariennes varient de 9,3 % à 43,3 %. Le plus élevé est relevé à la clinique de la Muette, dans le XVIe arrondissement de Paris.

Trois maternités de l'Ouest figurent dans la liste des cent établissements où le taux de césariennes est le plus élevé (supérieur à 23 %). Le centre hospitalier de L'Aigle (Orne) pointe à la 23e position avec près de vingt-huit césariennes pour cent naissances. La clinique du Tertre Rouge, au Mans (Sarthe), et le centre hospitalier d'Argentan (Orne) figurent aussi dans ce classement.

Dans un cas sur trois, l'incision de l'abdomen et de l'utérus est programmée pour des raisons médicales : bassin trop étroit, gros bébé, mauvaise présentation... La césarienne peut aussi être décidée au cours de l'accouchement. « Mais elle peut aussi être utilisée pour concentrer les naissances lorsqu'il y a davantage de personnel et limiter les gardes de nuit et du week-end », indique la FHF.

Les cliniques privées seraient-elles les plus tentées par ces pratiques ? Sur les dix établissements qui dépassent le seuil de 30 %, huit relèvent du secteur privé. La volonté de ne pas prendre de risques et de se prémunir contre des procès expliquerait aussi la hausse continue de cette pratique.

Source : Ouest-France

Shadow - Le: 08/12/08 - Poster commentaire

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