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En 2003, l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, de Statistique Canada, révélait que 85 % des mamans tentaient l'expérience de l'allaitement. Cependant, la moitié cessent avant six mois et se tournent vers les préparations lactées, dont 22 % au cours du premier mois.

Le discours actuel sur l'allaitement manque de nuances, estime la psychiatre Marie-Josée Poulin. Et cela a des conséquences certaines sur la santé mentale de plusieurs nouvelles mamans.

La Dre Poulin est responsable médicale du programme clientèle en psychiatrie périnatale du Centre hospitalier Robert-Giffard et une référence dans son domaine au Québec et au Canada. Des femmes profondément affectées par l'échec de l'allaitement, elle en voit fréquemment dans sa clinique de l'institut universitaire.

«Quand l'allaitement est difficile, il y a une culpabilité très importante qui rend les femmes plus à risque de développer une dépression post-partum. Ce n'est pas un facteur unique, mais l'échec à l'allaitement peut être un déclencheur. Ces femmes ont la conviction d'être de mauvaises mères.» Parce qu'elles sont bombardées d'images de mères heureuses avec leur enfant contre leur sein et de messages prônant l'allaitement comme le meilleur choix possible, elles ont l'impression de ne pas correspondre au «portrait-robot de la mère idéale».

Changement

Un portrait qui a d'ailleurs beaucoup changé en une génération à peine. En 1960, un maigre 25 % des mères allaitaient leur bébé lors du séjour à l'hôpital. En 2003, l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, de Statistique Canada, révélait que 85 % des mamans tentaient l'expérience de l'allaitement. Cependant, la moitié cessent avant six mois, dont 22 % au cours du premier mois.

La Dre Poulin ne nie pas les multiples avantages liés à l'allaitement. Mais elle déplore «qu'on ait tendance à le présenter seulement sous son plus beau jour. Ce n'est pas vrai que c'est facile pour toutes, surtout pour une première grossesse. Et ce ne sont pas toutes les femmes qui en sont capables, physiquement. Oui, il faut faciliter l'allaitement et aider les mères, mais il ne faut pas se transformer en intégristes de l'allaitement».

Alexandra, nouvelle maman, est surprise de la force du discours actuel. «On en a fait un phénomène social, quasiment une religion. Pourtant, on est dans une société pro-choix et libre. (...) Je connais des filles qui se sont rendues malades de ne pas pouvoir allaiter», dit-elle.

Pour Marie-Josée Poulin, le gros bon sens doit gagner. Et les intervenants auprès des nouveaux parents ont un rôle important, croit-elle. «Aidez la maman à trouver des solutions de rechange et un équilibre pour elle et sa famille. Il existe d'autres moyens de faciliter le lien intime d'attachement : le yoga mère-enfant, les massages pour bébé, le bain avec le poupon, illustre-t-elle. Chaque femme est unique et elle a besoin d'être respectée.»

Source : Cyberpresse.ca

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Le côté obscur de l'allaitement (cyberpresse.ca)
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Shadow - Le: 30/09/08 - Poster commentaire

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